Le Supercoin : le bien nommé pour des dégustations de bières artisanales !

« Pourquoi installer le Supercoin dans ce quartier ? Oh, ça fait dix ans que j’y habite, et je l’adore ! »

On y est. Tout est dit. Pas de fanfreluche chez Claudia et Philippe qui gèrent leur coin de pop culture et bières artisanales d’une main – ou plutôt d’une palme – de maître !

Claudia en train de servir une Craig Allan

Avant d’être le bar à classer au top des « places to drink », le Supercoin est un état d’esprit. En passant la porte, on sent que l’on est dans le vrai : de vraies bières, un vrai dialogue et de vrais goûts. « J’avais envie d’ouvrir un bar… Ou plutôt, j’avais envie d’ouvrir mon bar. Et qu’il soit celui du plus grand nombre. » Lorsque l’on est prosélyte d’une culture, on ne peut pas ne pas être entier.

Entrer dans un bar, une brasserie ou un restaurant, c’est chercher un endroit où l’on sera bien, que ce soit pour des raisons professionnelles ou personnelles. Je bats le pavé pour découvrir des lieux où trouver des bières artisanales et ce ne sont pas les locaux et la quantité de produits qui comptent pour moi, mais l’état d’esprit. Et au Supercoin, on ne parle pas de bar, mais plutôt de foyer, apaisant et créateur de bien être.

Vous viendrez peut-être pour ses bières artisanales splendides, mais vous y retournerez parce que vous aimez… et c’est tout !

Dans toute la simplicité du « j’aime / j’aime pas » enfantin.

Et quand on aime, on connaît. La carte est simple, maîtrisée et abordable.

Pourquoi connaît-on le Supercoin ? Pour ses matchs de foot, son ambiance musicale, sa convivialité, ses animations… et ses bières. Le Supercoin, c’est tout ça – et d’autres choses encore – , et non simplement un bar à bières artisanales.
On finit par connaître le discours de défense des bières artisanales. C’est devenu un concept, un principe. Et ras le bol ! Non, ce n’est pas parce qu’une bière est « artisanale » qu’elle est forcément réussie et bonne à boire aux yeux (et aux papilles) de chacun. Et si déguster s’apprend, aimer est un réflexe, fort heureusement, que personne ne peut contrôler.

D’ailleurs, en observant l’ensemble, mon regard s’est posé sur les becs. Claudia a immédiatement pu apercevoir un petit temps de surprise chez moi. « Bah oui, on a une bière indus’ ! Je l’appelle notre bière de soif. Ca fait toujours plaisir un demi en terrasse pour se rafraîchir ! Au moins, on n’est pas perdu. »

Pour un petit shooting photo, je lui demande si elle peut servir une bière.  J’en profite pour la déguster, et nous parlons alors de ses bières. La veine est la même. Elle fait partie des rares managers de bars qui peuvent parler de LEURS bières car, sans prétention aucune, Claudia me parle des brasseurs, des brasseries, des goûts, des odeurs, des flaveurs. Et c’est ça, une bière.

Nous sommes loin des refrains habituels appris par cœur. Son discours est fluide et animé de son plaisir à boire de bonnes bières. A la fameuse question: « Des coups de coeur? », la réponse est directe: « La Mont Salève et la Franche ». Si claire qu’elle ne nécessite aucun explication. Sauf peut être une petite dégustation, mais ce sera l’objet d’un autre billet !

Au Supercoin, on ne fait pas du commerce de brèche. Ce n’est pas parce que les bières artisanales commencent à être en vogue que ce bar en propose. Bien au contraire. Les deux associés voulaient proposer des bières artisanales françaises. Comment s’y sont ils pris? Tout simplement en allant à la rencontre des brasseurs (rien de tel que les rencontres avec ceux qui font les bières).
Ils ont découvert leurs bières, les ont dégusté, les ont aimé ( ou pas d’ailleurs !), et les ont rentré dans les frigos de leur bar.

C’est avec des passionnés comme eux que les bières vont évoluer.

Allez, je le dis : « Claudia, tu as tout compris ! »

A la carte : Mont Salève – La Franche – Volceslest– Fleurac – Thiriez – Saint Rieul – Perle – Craig Allan – Zymotik

Le Supercoin
3 rue Baudelique
75018 Paris
Métro Jules Joffrin / Simplon / Marcadet Poissonniers
Ouvert mardi, mercredi, dimanche de 11h à minuit
jeudi, vendredi, samedi de 11h à 2h
www.supercoin.net

Alex Berger

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La Vallée la plus biérophile de France : la Vallée du Champsaur

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C’est un jour pour une Frappadingue

Une bière unique, extraordinaire, à laquelle je reviens toujours… Cette bière nous vient de de Sommières dans le Gard, elle est élaborée par la brasserie des Garrigues. Une brasserie qui tient au caractère Bio de ses bières, en train de construire sa propre malterie, et de  constituer une filière locale avec les agriculteurs de la région.
Tout cela se passe au milieu des vignobles du Languedoc, comme quoi bières et vins, brasseurs et vignerons peuvent faire bon ménage..

Cette Frappadingue est une des bières fleurons de cette brasserie, typiquement dans l’amertume actuelle, mais aussi très surprenante, avec des notes très fruitées de mangue. Qui plus est, le brasseur aime bien provoquer avec des noms de bières et des étiquettes un peu « provocantes « !Fermentation haute, non filtrée, non pasteurisée, et refermentée en bouteille. 8.2% vol alc.

Sa couleur est dorée, un doré intense, avec des reflets orangés. Sa mousse est volumineuse, et forme un dôme neigeux au dessus du verre.  Un nez très ouvert, très expressif, des arômes maltés, floraux, agrumes, notes d’ananas et fruits de la passion.  Peu pétillante, sa texture est fluide et douce. Le goût  est légèrement malté, caramel léger, puis surtout c’est une explosion de fruits, de mangue, et s’ensuit une très belle amertume qui n’en finit pas.

C’est une bière très équilibrée, au caractère bien marqué, qui laisse un voile d’amertume sur des notes de noisette, pendant longtemps. Je l’aime avec des fruits de mer, qu’elle laisse s’exprimer avec subtilité, avec des plats exotiques et épicés, avec des plats sucrés salés, et côté fromages, il faut absolument la marier avec un munster crémeux.

S’il fallait absolument lui trouver un style, elle se rapprocherait un peu d’une« American India Pale Ale » (India Pale Ale : bières plus houblonnées que la moyenne, dans la tradition des bières britanniques qui partaient pour les Indes, le houblon a en effet un pouvoir de conservation ).

Refermentée en bouteille ( le brasseur ajoute un peu de levure avant la mise en bouteille pour redémarrer une fermentation en bouteille, ce qui confère un pétillant naturel à la bière), elle présente un dépôt au fond de la bouteille, signe de qualité.

Un taux de 60 IBU (International Bitterness Unit)  est annoncé sur l’étiquette, qui ne doit pas faire peur, car même fortement houblonnée, son goût est tellement puissant en fruits exotiques et en agrumes, que l’amertume est un peu celle d’un pamplemousse…Ce qui en fait une bière tout ce qu’il y a d’accessible !

Température de dégustation conseillée : 8° – 10°C

FHL : Front Hexagonal de Libiération : mouvement créé par 8 brasseurs français pour lutter contre la standardisation des goûts et pour militer pour un retour à des bières houblonnées ( attention : beaucoup de houblons = pas forcément bières amères !)

Brasserie des Garrigues
Local B4 ZA de l’Arnède
30250 Sommières
Tél : 04 66 71 05 53
Brasseur : Gwenael  Samotyj

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C’est un jour pour une Griottines

Coup de coeur pour cette bière unique en France…
Elaborée à Bletterans, dans le Jura, cette bière est le fruit de la collaboration de deux artisans.
Le jus de Griottines, un produit local haut en couleurs obtenu avec des griottes de Fougerolles longuement macérées est incorporé à une base de bière de blé…ou plutôt de cervoise, puisqu’il n’y a pas de houblon.

Magnifique robe rosée, opalescente, nez mêlé de céréales et de fruits rouges, cerise mûre. En bouche,  surprise, point de sucré dans cette bière là. Texture veloutée,  superbes notes acidulées, sur une vague de fraîcheur. Et toujours ces arômes de pain, de céréales, si agréables.

Cette bière a été ovationnée lors du dernier concours général agricole en 2012, par une médaille d’Or. Un travail de brassage créatif, d’une qualité et d’une constance à souligner.

A marier impérativement avec des fromages frais, des chèvres doux, et des chocolats, et  à l’apéritif en été !

La brasserie Rouget de Lisle est installée à Bletterans dans le Jura, à l’emplacement où se trouvait la demeure de Rouget de Lisle. Son fondateur, Bruno Mangin, ancien chef reconverti dans la brasserie, créé ses bières comme un chef crée ses recettes. Avec des ingrédients ancrés dans le territoire franc comtois, le brasseur propose des bières accessibles tout en étant originales et goûteuses.

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Brassage d’images

Clap de fin du Mondial  de la Bière en ce 2 juin 2013…
Que d’émotions, de rencontres, de découvertes, d’échanges, de bravos, de médailles et d’images !
Bravo encore à toute l’équipe très féminine du Mondial de la bière, et à tous les brasseurs  présents !

Petit retour sur de grands moments au Mondial et aux alentours, à Montréal.

Jeannine Marois, Odette et Jean Claude Colin,

Fidèles parmi les fidèles pendant 20 ans

Bière et Bretzel, tout simplement, c'est bon

Laurent Mousson, Mélissa Cole, Philippe Wouters,

conférence Bière et Pain de Jean Claude Colin

Brasseurs en train de brasser des idées

Les bières Beau's multi médaillées

Extrait d'un rayon bieres à Montréal...

Une des bières de mon Top Ten !

Avec Patrice Schoune et Frédéric Cormier

ambiance au Brouhaha

Guy Levesque en animation

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Bières et Fromages de petits producteurs

Nous sommes chez Lena et Mimile, une des plus belles terrasses de Paris..

Ce soir là, j’ai proposé 5 bières avec 5 fromages, avec la complicité de la fromagerie Hisada, en la personne de Aki, de Didier Sintôt, qui avait fait le chemin depuis la Franche Comté pour l’occasion.

Premier service : la Curtius, une bière belge, LA bière Liégeoise d’ailleurs, de la microbrasserie de la Principauté.

Une petite merveille de 7 degrés, – l’atelier se terminera d’ailleurs par un stout à 4.8°- créée par deux jeunes belges, François Dethier et Renaud Pirotte. La petite brasserie sise rue de la Brasserie ( ça ne s’invente pas !), à Liège, est toute mignonnette. La Curtius ? une ale au froment, élaborée dans un esprit de « triple », doucement et lentement mûrie, refermentée en bouteille. Un chèvre, l’Espi du Poitou, au piment d’Espelette, l’accompagne. C’est un début en douceur donc, surplombé d’une touche épicée et amère en finale.

Deuxième service : La Vieux Tuyé de la brasserie Rouget de Lisle, lager fumée, s’offre le luxe de deux Comtés !

Apportés directement le soir même par Didier Sintôt, sympathique membre du Groupuscule d’Actions Gustatives à Arbois. Deux Comtés de 25 mois, donc de la même saison : mois de fabrication mai 2011. L’un vient de la fruitière de « Bief du Fourg » et a été affiné dans les caves « Vagne », l’autre de le fruitière de « Damprichard » et affiné dans les caves « Monts et Terroirs »; les 2 caves étant situées à Poligny.  Le fumé de la bière ressort mieux sur le Damprichard, plus torréfié.

Troisième service : La Rouge Flamande de la brasserie Thiriez.

Une ale ambrée créée pour célébrer la race « Rouge Flamande » à Bergues. Accompagnée d’un Maroilles superbement affiné. L’ensemble est magnifique. Le Maroilles pourtant puissant se même aux rondeurs caramélisées de la bière, ils s’apportent l’un à l’autre dans un roulement sans fin. Accord de terroir réussi.

Quatrième service : l’Audace de la brasserie 32 est annoncée avec un Stilton fondant. Ale blonde proche d’une belgian strong ale, élaborée avec des houblons belges de Poperinge, et de la chair d’oranges de Sicile. J’aime les paris osés :   les effluves de pêche et de melon de l’Audace adorent le gras et la puissance du Stilton. Cet accord improbable en apparence, remporte finalement le plus de  suffrages.

Cinquième service : Point d’orgue absolu entre l’Inquiète, somptueux stout aux malts du Berry, élaboré par la brasserie artisanale l’Atelier de la Bière, à Villedieu sur Indre, et un Vieux Gouda, cassant, sec, puissant. S’en suit une étonnante douceur quand le gouda fond dans la bouche, emporté par le côté chocolat, grué de cacao. L’amertume est plus prononcée quand on commence par la bière, suivie par une bouchée de gouda.

Certains goûtent le chèvre avec le stout, d’autres le Stilton…Tous les participants s’échangent leurs impressions, l’ambiance est amicale, bon enfant, les bières et les fromages sont forts pour créer des liens complices…

Remerciements  au restaurant Chez Lena et Mimile, à la fromagerie Hisada Paris, à  Michel Cloes CCN World, à Didier Sintôt.

Chez Lena et Mimile 32 rue Tournefort 75005 Paris

Fromagerie Hisada Paris 17 Rue Le Marois 75016 Paris

Brasserie de la Principauté François Dethier et Renaud Pirotte rue de la Brasserie  4000 Liège Belgique

Brasserie Rouget de Lisle Bruno Mangin Rue Verne  39140 – Bletterans

Brasserie Thiriez Daniel Thiriez 22 rue de Wormhout 59470 Esquelbecq

32 Via dei Birrai  Via Cal Lusent, 41 31040   Pederobba – Treviso – Italie

L’Atelier de la Bière, Franck et Carole Bellon, Route de Chateauroux, 36320 Villedieu sur Indre

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Histoires de styles et d’amitiés

Jour 4  : les festivaliers sont de plus en plus nombreux, les questions fusent toute la journée, l’ambiance est chaude et bon enfant, à partir de 18h environ, les allées sont tellement pleines qu’il n’est plus tellement question de faire autre chose que de renseigner le public sur les lieux de vente de coupons où … il n’y aurait pas de file d’attente…

Peine perdue, les Montréalais sont d’incorrigibles amateurs de bières. Voir ci contre la file d’attente devant le kiosque de ​la Succursale.

Quelques exemples des questions du jour  : la Duchesse Anne triple, pourquoi c’est une triple? elle ne ressemble pas à une triple… La XI.I de Lancelot, c’est quel style? Pourquoi vous n’indiquez pas les styles sur les étiquettes en France?  Et toujours, la question : « Ah bon? il y a autre chose que Kronenbourg et Heineken en France ? Pourtant, quand on va à Paris, on ne trouve que cela… »

C’est notamment dans ces moments là que mon indépendance  vis à vis des brasseurs, qu’ils soient gros, moyens ou petits, me semble primordiale. Et que je mesure à quel point,  les visites, les voyages, les dégustations, l’écriture, et les échanges avec les brasseur(e)s, sont la clé de voûte de ce métier de biérologue.

​Intarissable sur les brasseries de nos régions, me voilà donc à proposer les nectars de Fleurac, de Pays Flamand et de Lancelot… quand mes interlocuteurs ne sont pas trop acharnés sur les bières américaines, brésiliennes pour ne pas parler des italiennes,et bien sûr, des québécoises.. que je suis bien aise de présenter ….

La question des styles de bières… c’est une question tellement sujette à débat… à discussions, à controverses… Et pourtant, si essentielle à mes yeux, pour éduquer les consommateurs, qui ne demandent que cela…Sans aller enfermer des bières dans des styles, mais plutôt donner des références, des philosophies de bières…

​A propos de Pilsner, du côté de  chez Rogue, j’ai aimé leur Good Chit Pilsner, concentré de céréales, de malts pâles, de mie de biscotte, avec juste un filet d’amertume en pointillé.

​Quand on parle de  bières, on parle aussi de lien social. C’est bien de lien entre les pays que réussit à faire ce Mondial. Regardez cette photo : un suisse, un québécois, une française, ( hum, disons le aussi, représentatif aussi d’une petite communauté d’experts bières en liens constants…), et le ministre du Tourisme du Québec sur le Petit Pub du Palais. .. Tout un symbole.

Peu d’évènements réussissent à fédérer comme cela les hommes et les femmes de  bières de plusieurs continents. Le Mondial sait nous réunir, nous qui sommes de façon régulière et continue, réunis dans nos échanges via Internet.

Pour n’en citer que quelques uns, mais parmi les plus éminents, Mélissa Cole, Alex Barlow,Tim Web en Grande Bretagne, Laurent Mousson, en Suisse, Noël et Guy Levesque au Québec, sans oublier Philippe Wouters et Mario d’Er, et Stephen Beaumont, et Tony Forder aux Etats Unis, et Mirella Amato en Ontario…

Mes amis de la bière au delà des frontières…​​Le Mondial a réussit à faire se retrouver ces amis au delà des frontières, comme aucun autre festival.On ne peut qu’espérer que cet état d’esprit continuera à se développer…

​Ma découverte  jour est sans conteste la ​Berthô, de la Cervejaria Colorado. Une Double Brown Ale est élaborée avec des noix du Brésil. Le brasseur recouvre le malt de brisures de noix légèrement grillées. Imaginez le mélange, imaginez les drêches ! impossible de donner cela au bétail, l’idéal est d’en faire du pain comme Marcello le brasseur propriétaire de Colorado.

Cette bière a un nez incroyable de grain, de sucre, de caramel, de banane, en bouche, elle commence par un léger toucher sucré, puis évolue sur la chair de banane suivi de malt caramel et de noisettes, pour arriver sur une amertume de grillé, rôti, et de notes de noix grillée.

En France, direction la Tireuse à Biarritz, de notre ami Christian Bénéteau le Brassothérapeuthe pour la déguster, comme la Vixnu, et la Guanabara..

Demain, retour aux kiosques, pour des rencontres brasseurs, un petit tour dans les incontournables lieux de bières à Montréal, et il faudra penser à rentrer..

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Comment faire aimer la bière à une fille qui dit ne pas aimer la bière et autres leçons de bières..

Au troisième jour, cela se passe sur le Petit Pub du Palais, où j’accompagne mon ami Serge Noël dans ses « animations éducatives » du public.

Précisons que c’est une des nouveautés du Mondial, des biérologues se relaient  auprès du public, dans les 2 Petits Pubs, à l’intérieur et sur l’Esplanade. Une riche idée de Jeannine Marois, basée sur les échanges avec le public, à garder absolument et à développer à mon avis.

A une jeune femme qui dit ne pas aimer la bière, Serge propose une Midas Touch, nectar de raison blancs de Muscat, de miel et de safran.
Un bijou que la demoiselle dédaigne. Encore trop amère à son goût.
Pour échapper à la facile offre d’une bière sucrée fruitée, -  au passage qu’il eut été difficile de trouver sur ce Mondial, mas il y en a … – Serge tente la Berliner Weisse de Hopfestark, un de mes coups de cœur de la journée. Une bière surette en diable.
La demoiselle a-dore. Sourires.
Deuxième offre de Serge : la Bierbaum Bock de la Cervejaria Bierbaum, magnifique ale foncée, vanillée, riche et douce, longue en bouche, la proposition est osée !
La demoiselle re – adore .

Toutes les saveurs existent dans la bière, il n’y a pas que l’amertume et le sucré, je ne le répéterai jamais assez… Merci Serge pour cette expérience à 2, qui vient appuyer mes convictions : proposer aux personnes ce qu’elles pourraient aimer, ce n’est pas se limiter au sucré. Les bières surettes, les stouts, impossible de faire plus complexe et éloignés du sucré… Et pourtant, cette demoiselle a adoré….

Côté goumandise, Philippe Wouters éditeur de Bières et Plaisirs a offert une leçon de cuisine à la bière dont il a le secret. Vif, pertinent dans ses réponses aux questions posées pendant qu’il œuvre sur le feu, son escalopine de porc Nagano, petits légumes, sauce veloutée, agrumes et bière blanche, rien que ça, était délicieusement assortie d’une Duchesse Anne triple de la brasserie Lancelot.

La journée fut chaude, ensoleillée sous les kiosques où les bières étrangères, entendez ici, tout ce qui n’est pas Québécois, coulaient à flot.

Fin de soirée au Brouhaha, pub magique. Marc Bélanger un grand monsieur de la bière, qui a tout compris. Simplicité, décor chaud, patiné, bières extravagantes de son cru, on y est chez soi, on s’y sent bien, à téléporter s’il vous plait à Paris..

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Médailles, fudges, flaveurs et caprices en journée 2

Pluie de médailles pour Beau’s All Natural Brewing Co, au concours Mbière design et Mbière Greg Noonan. Juste reconnaissance pour l’excellence de leurs étiquettes, de leurs emballages, de leurs illustrations, et de leurs bières, notamment cette Burnt Rock Vanilla Porter !

Et dans les 11 médailles d’Or, il y a aussi Dieu du Ciel ! avec sa Solstice d’été, Cheval Blanc avec sa Red Ale américaine , et Hopfenstark avec sa Berliner Alexander Platz !

Retour sur l’atelier Bières et Fudges de cet après midi, riche en découvertes, et deux coups de coeur, dont un qui a été une vraie révélation !

La 60 minutes de Dogfish Head Brewery s’est révélée sous des aspects plutôt inattendus, le moins que l’on puisse dire ! Cette bière du Nord de la Côte Est, affiche déjà une richesse aromatique en fleurs et en fruits, surmontée d’une amertume d’agrumes, et de touches de pin, de fruits confits et de fruits secs.
Qu’allait il se passer sur le crémeux des fudges? Le fudge aux Brownies a fait ressortir les agrumes, il n’y avait en bouche plus qu’un gâteau chocolat citrons confits, une vraie 3 ème saveur !

Avec le fudge au beurre de cacahuètes, une trouvaille de Guy Levesque, on a assisté à une fusion en mouvement de 3 amertumes, celle de la bière, celle du beurre de cacahuètes, et celle du chocolat. Une surprise monumentale.

​Fin de journée gastronomique avec la soirée Flaveurs Bières et Caprices, élaborée par le chef Mathieu Saunier de l’Intercontinental de Montréal.

L’accord parfait pour moi ? Le saumon laqué à la bière et à l’érable, juliennes de panais confit, assorti de la Sveva de Birrificio Grado Plato.

Une soirée placée sous le signe de l’amitié franco québécoise, avec la présence de Pauline Marois, première ministre du Québec, de Marie Reine Fischer, vice présidente du Conseil Régional d’Alsace, de Philippe Choukroun, directeur du Comité Régional du Tourisme d’Alsace, et de Bernard Le Gall, directeur du parc expo de Rennes. Merci à Jeannine Marois et à Marie José Lefèvre pour leur fort sympathique invitation.

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Première journée sur les pas de le Fille de l’Orge

Moments choisis de ma première journée au 20ème Mondial de la Bière de Montréal.

Le Palais des Congrès annonce la couleur : multicolore à l’extérieur, rose à l’intérieur sur une des entrées balisées de grands sucres d’orges roses géants, et cerise sur le gâteau cette année : une Esplanade en extérieur, dont nous profiterons mieux sous le soleil annoncé de la fin de semaine.

Clin d’œil du matin, je tombe droit sur le stand de saucisses Cerf Montbéliard…

Après explications, ces saucisses ne viennent pas de Montbéliard, elles en ont la forme, la couleur, mais elles sont faites avec …du cerf !

Promis je vais y goûter et vous en donnerai des nouvelles !

Direction le kiosque du Cheval Blanc, premier établissement à avoir obtenu un permis de brassage artisanal à Montréal en 1986, c’est à dire un broupub.
Ici, les permis de brassage industriels  sont l’équivalent de nos  brasseries artisanales, sites de production, ce qui les diffère des broupubs.

Isaël, le brasseur  m’accueille. J’ai de la chance, je choisis la Bonheur. Une IPA 50 IBU, houblons américains, festival de Mozaic, de Simcoe, d’Amarillo, de Centennial, d Citra..Avec ça, des malts d’orge et flocons d’avoine et de seigle . Résultat : une texture de folie, un nez de mangue, d’abricot, une explosion d’agrumes ensuite, de citron. Le tout sur une base céréales bien campée, du solide, je fais le plein de protéines pour la journée !

La Double Bonheur suit, son côté terreux associé à une amertume encore plus vive ( 60 IBU), 8% vol alc, recarbonatée à l’azote.

Coup de cœur pour la Bonheur. Pour  cette  journée 1 au Mondial, annoncée journée rose dès l’entrée, cette Bonheur là confirme la tendance.

Une petite incursion au pays des fudges, histoire de me remettre le palais au goût du sucre d’ici, version la Maisonnette du Fudge. Une petite entreprise de la région,, présente sur les évènements, toute mignonnette, animée par Estelle Lacroix, oeil espiègle et visage gourmand. Petite leçon sur les fudges à venir, promis.

Direction Dieu Du Ciel pour déguster une Disco Soleil.

Cette pale ale aux kumquats est idéale à cette fin de matinée. Le brasseur utilise des fruits frais du marché, qui apportent ce parfum d’agrume frais et de fruits tropicaux, et cette amertume si particulière. Une légère acidité en bouche, très douce, le côté malté est bien présent aussi. Le tout est très rafraîchissant, tout en équilibre.

Je quitte cette merveille rafraîchissante pour commencer mon premier atelier Bières et Fudges. Le public est là, attentif, curieux, participatif. Connaisseur en bières, le public québécois. Mais pas en fudge manifestement ! Me voilà en train de narrer la confection des fudges, à la mode québécoise.

Dégustation comparée de 4 fudges sur  une belgian pale ale américaine ( oui ), du New Hampshire, de la brasserie Smuttynose Brewing Co. Cette bière s’appelle Star Island Single. Même si elle est épicée, elle reste douce, avec son malt de miel, et présente des notes d’agrumes et de fruits tropicaux.
Les fudges sélectionnés : Biscuits : trop envahissant sur cette bière qui disparait facilement sous la couche de crème. Amaretto et chocolat : le contraste entre le fruité et les épices fonctionne bien, on arrive à un joli équilibre. Fleur de sel : ça goûte le caramel salé,( brève évocation de ma Bretagne de coeur),  l’association sucré salé est du tonnerre, c’est mon accord préféré. Pour finir, Pistaches : le côté miel ressort et la finale revient sur la pistache.

Le public plébiscite Amaretto et Fleur de Sel. Demain, d’autres bières et d’autres fudges ….

​Quelques sympathiques  rencontres suivent au Petit Pub du Palais, où j’officie comme biérologue à la rencontre du public, avec la compagnie de Serge Noël. J’aime ça, c’est improvisé, les questions sont toutes tournées vers la curiosité : une biérologue française à Montréal qui présente La Midas Touch, mon choix du jour, c’est assez original pour le public, et ça fonctionne bien !

Cette Midas Touch de la Dogfish Head Carft Brewery me plait tellement, que ce sera mon 3ème coup de coeur ! Entre bière et vin, cette bière a un nez malté et miellé, et goûte le raisin, le melon, le biscuit. Elle me rappelle quelques vendanges tardives…

Coup de coeur final de la journée, je ne prendrai rien après cette bière, elle doit rester le plus longtemps possible en mémoire dans mon palais. C’est encore au Cheval Blanc, la Ponette Cerise, et je laisse la description écrite parler d’elle même…

Ici, au Québec, les bières surettes ont le vent en poupe, depuis quelques mois.

Je me régale de cette acidité doublée de cerise, sur un tapis de malt. La journée se termine sur une note de rose, comme elle a commencé.

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Les chiffres de la bière selon Brasseurs de France

Source AFP

Selon les Brasseurs de France, la consommation de bière au comptoir et au restaurant a reculé de 15% au premier trimestre en raison des taxes qui frappent le demi et renchérissent son prix, ont indiqué vendredi les brasseurs.

En grande distribution (qui représente les deux tiers du marché) la baisse est un peu moins marquée de 3,5 à 4% alors que le prix lui a augmenté de 14% pour un demi, affirme l’Association des Brasseurs de France dans un communiqué.

En restauration, le prix moyen du demi est passé à 2,70 euros fin mars soit 7 centimes de plus qu’en décembre.

La baisse de la consommation a entrainé une baisse de la production de 30% en cumul au 31 mars par rapport au 1er trimestre 2012, précise l’association en demandant aux pouvoirs publics s’en tenir là et ne plus toucher aux droits d’accises.

«La hausse de 160% des accises a frappé tous les brasseurs quelle que soit leur taille, passant leur contribution de 330 à 810 millions d’euros», précise-t-elle en rappelant que «sur les 530 brasseries recensées en France beaucoup sont des entreprises familiales et artisanales de création récente».

«Depuis le 1er janvier, la brasserie contribue pour 23% des recettes fiscales liées aux droits d’accises sur l’alcool» alors qu’elle ne représente que 18% de la consommation d’alcool pur insistent encore les brasseurs.

La France ne se situe qu’au 26e rang des consommateurs de bière dans l’Europe à 27 avec une moyenne de 30 litres par habitant et par an, mais elle compte parmi les pays où la bière est le plus taxé hormis les pays scandinaves.

«Dans ces conditions, les brasseurs demandent une stabilisation de la situation fiscale du secteur» indiquent-ils.

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